UN SECRET PAS SI BIEN GARDÉ

Habillée d’une chemise rouge flamboyante agencée à ses cheveux de feu, Chloé Ste-Marie m’a charmé lors de son spectacle au Théâtre de la Vieille Forge. Mais, je l’avoue ici, elle m’a aussi dérangé. Un inconfort qui provient de la façon dont elle bouge, dont elle interprète ses chansons avec tant de passion. Ça dérange la passion. Mais ça émeut aussi, ça fait rire, ça émoustille et ça captive. Une vraie artiste, qui sait dénicher des textes d’une poésie incroyable à travers le répertoire québécois, qui parle une langue autochtone si belle, si douce et si près de nous, qui rend ses textes avec brio et qui, petit à petit, m’a amadoué. Sa voix et celle de ses deux musiciens étaient parfaitement harmonisées, entre autre dans une pièce en duo où le chant était si limpide. Aussi avec la chorale de petite-valéens qui complétait son chant enflammé. Ça dérange la passion, ça nous prend au cœur, mais ça nous prouve que nous sommes bien vivants.

Un ami m’a déjà dit qu’un secret était quelque chose que l’on confit à une personne à la fois… Alors chuuut! En voici un, pas si bien gardé… Derrière une énorme porte coulissante en bois, sur un plancher de ciment avec des murs de planches ornés de tête de chevreuil et de cadres originaux, il y a « Dedans le shed à Léon ». Ce sont surtout des prestations du duo Dans l’shed des gaspésiens Éric Dion et André Lavergne qui reçoivent des artistes de passage au festival, mais c’est aussi un enregistrement de courts épisodes. Assis dans le shed à Léon-le-chien sur le terrain de Jean Demers à Petite-Vallée, le public saisi des petits moments bijoux en fin d’après-midi de chacune des journées du festival. Le duo offre quelques-unes de leurs pièces et accompagnent les musiciens dans un shed que tout le monde rêve d’avoir. Au bout du petit chemin de gravier, à gauche du panneau à Léon. Chuuut!

Texte : Maïté Samuel-Leduc
Photo : Jean-Charles Labarre

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